49 jours à -40°C : L'incroyable miracle blanc d'Alaska


Le 4 février 1963, Helen Klaben, une jeune New-Yorkaise de 21 ans, monte à bord d'un petit avion monomoteur à Fairbanks, en Alaska. À la commande se trouve Ralph Flores, un électricien de 42 ans. Helen cherche simplement un moyen économique de rentrer sur la côte Est, tandis que Ralph retourne en Californie. Rien ne les prédestinait à lier leurs destins dans l'une des histoires de survie les plus extrêmes du XXe siècle.
Le crash dans l'enfer blanc
Au-dessus du territoire sauvage du Yukon, au Canada, la météo bascule. Un brouillard givrant dense et une tempête de neige aveuglent le pilote. En plein « jour blanc », incapable de distinguer le ciel de la terre, l'avion heurte la frondaison des grands sapins à plus de 150 km/h et s'écrase violemment sur le flanc d'une montagne isolée.
Le bilan humain est lourd : Helen a le nez brisé, la mâchoire fracturée et une grave blessure à la jambe. Ralph souffre de plusieurs côtes cassées et de contusions internes. Autour d'eux, le silence du Grand Nord est absolu, et la température chute rapidement sous les -30°C.
Lorsqu'ils font l'inventaire de leurs possessions, le constat est terrifiant. Ils n'ont pas de radio fonctionnelle, pas de vêtements de grand froid adaptés, et leurs réserves de nourriture se résument à :
4 petites boîtes de sardines
2 boîtes de jus de fruits
Un paquet de crackers
Un tube de dentifrice à la menthe
Le jeûne de l'impossible
Au bout de dix jours, il ne reste plus une seule miette à manger. Commence alors un calvaire physiologique inédit. Pour tromper leur estomac tordu par la faim, ils font fondre de la neige au-dessus d'un maigre feu et y mélangent une pointe de dentifrice pour donner du goût à l'eau.
Pendant que les autorités lancent des recherches avant de les abandonner deux semaines plus tard, les croyant morts,Helen et Ralph s'accrochent à la vie. Malgré leurs blessures et des températures descendant jusqu'à -40°C, ils transforment la carcasse du cockpit en abri.
Au bout de 30 jours sans nourriture, réduits à l'état de squelettes, ils comprennent que personne ne viendra. Ralph rassemble alors ses dernières forces : avec des câbles électriques de l'avion et des branches de saule, il fabrique des raquettes à neige artisanales. Il se traîne jusqu'à une rivière gelée plus bas dans la vallée et accomplit un travail herculéen.
Dans la neige immaculée, il piège des branches sombres pour inscrire un SOS géant de 15 mètres de long, accompagné d'une immense flèche pointant vers la montagne.

Le miracle du 49ᵉ jour
Le 24 mars 1963, cela fait 49 jours que l'avion s'est écrasé. Cela fait plus de cinq semaines qu'ils n'ont absolument rien avalé.
Ce matin-là, Chuck Hamilton, un pilote de brousse effectuant un vol de routine, repère une anomalie géométrique sur la rivière glacée. Intrigué, il descend en altitude et découvre le SOS, puis la silhouette de Ralph qui agite follement les bras.
Quelques heures plus tard, un hélicoptère de secours évacue les deux fantômes de la montagne. Les médecins sont stupéfaits : bien qu'affaiblis et souffrant de graves gelures (Helen devra être amputée d'un pied), leurs fonctions vitales ont tenu bon. Ils ont pulvérisé toutes les limites théoriques de la résistance humaine au froid et au jeûne.








Commentaires