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71 jours dans l’outback : l’homme qui a survécu en mangeant des grenouilles et des sangsues

Photo du rédacteur: DENIS
DENIS
il y a 6 jours
4 min de lecture
Ricky Megee
Ricky Megee

Imaginez-vous perdu dans l’immensité australienne. Pas de véhicule, pas de téléphone, presque rien à manger. Le soleil vous écrase le jour, le froid vous saisit la nuit. Devant vous, des milliers de kilomètres de territoire sauvage. Derrière vous, aucune piste certaine pour retrouver la civilisation. C’est dans ces conditions que Ricky Megee affirme avoir survécu pendant 71 jours.


Une disparition mystérieuse

Janvier 2006. Ricky Megee, un Australien de 35 ans, roule dans une région reculée du nord-ouest du pays. Il emprunte la Buntine Highway, une route isolée qui traverse des territoires où les distances se mesurent en heures de conduite et où les habitations sont rares.

Puis tout bascule.

Selon son témoignage, il aurait été drogué, agressé et abandonné dans une zone désertique. Lorsqu’il reprend connaissance, il affirme se retrouver sans chaussures, sans véhicule et sans provisions. Il raconte même avoir découvert qu’il était recouvert de terre et de plastique, tandis que des dingos grattaient au-dessus de lui.

Ce récit spectaculaire ne sera jamais confirmé dans tous ses détails. La police ne trouvera pas de preuve établissant l’enlèvement allégué, et le véhicule de Megee restera introuvable.

Mais une chose est certaine : au début du mois d’avril, des employés d’un élevage isolé découvrent un homme extrêmement amaigri, vivant près d’un point d’eau. Cet homme, c’est Ricky Megee.

Entre les deux événements, il affirme avoir vécu un véritable cauchemar.

La première erreur : marcher sans savoir où aller

Selon son récit, Megee aurait marché pendant une dizaine de jours dans la chaleur, avant de comprendre qu’il ne pouvait pas continuer ainsi indéfiniment.

C’est une situation que connaissent bien les spécialistes de la survie : lorsqu’on est perdu, le mouvement donne l’impression d’agir. Pourtant, marcher sans direction précise peut accélérer l’épuisement et conduire à s’éloigner des zones où l’on pourrait être retrouvé.

Megee finit par s’installer près d’un point d’eau sur une propriété isolée.

Cette décision va jouer un rôle déterminant dans sa survie.

Dans l’outback, l’eau est souvent le facteur qui décide de tout. Sans elle, la déshydratation peut rapidement compromettre les capacités physiques et mentales. Avec un point d’eau accessible, il dispose au moins d’une ressource indispensable pour tenir.

Il lui reste maintenant à trouver de quoi manger.

Un menu à faire fuir n’importe quel restaurant

Ricky Megee raconte avoir survécu grâce aux ressources disponibles autour de son abri : grenouilles, lézards, insectes et sangsues. Il explique notamment avoir fait sécher des grenouilles au soleil avant de les consommer.

Son alimentation est loin d’être suffisante pour maintenir un organisme en bonne condition. Mais dans une situation de survie, la recherche de nourriture ne consiste pas à retrouver un régime idéal. Il s’agit de trouver des apports énergétiques sans dépenser davantage d’énergie qu’on en récupère.

Megee perd énormément de poids. Lorsqu’il est découvert, il souffre d’une grave malnutrition et pèse environ 45 kilos, selon les informations rapportées à l’époque.

Son corps a payé le prix de ces semaines d’isolement.

Il ne s’agit pas d’une méthode à reproduire aveuglément : manger un animal inconnu ou boire une eau non traitée peut provoquer des infections ou aggraver une situation déjà critique. Son histoire illustre surtout l’importance de l’eau, d’un abri et d’une adaptation aux ressources réellement disponibles.


Le jour où quelqu’un apparaît

Début avril 2006, des employés de la station d’élevage de Birrindudu circulent dans la propriété lorsqu’ils aperçoivent une silhouette qui semble surgir de nulle part.

L’homme est méconnaissable, extrêmement maigre et visiblement affaibli.

Ils viennent de retrouver Ricky Megee.

Il est transporté à l’hôpital de Darwin, où il reçoit des soins pour sa malnutrition. Les médecins constatent son état, mais ne peuvent pas confirmer précisément la durée de son isolement ni toutes les circonstances qu’il rapporte.

Son histoire fait rapidement le tour des médias australiens.

Au-delà du mystère entourant sa disparition, une question demeure : comment un homme a-t-il pu tenir aussi longtemps dans un environnement aussi hostile ?

La véritable leçon de cette survie

L’histoire de Ricky Megee doit être racontée avec prudence. Son témoignage comporte des zones d’ombre et certains éléments n’ont pas été vérifiés. Il serait donc malhonnête de présenter chaque détail comme une certitude historique.

Mais son cas permet de rappeler plusieurs principes fondamentaux.

Lorsqu’on se perd, il faut éviter de gaspiller ses forces dans des déplacements désordonnés. Il faut évaluer les ressources disponibles, protéger son corps contre les conditions climatiques et prendre des décisions qui préservent ses chances d’être retrouvé.

La survie n’est pas une succession de prouesses héroïques. Elle repose souvent sur des choix modestes, répétés chaque jour, alors même que la fatigue et la peur rendent chaque décision plus difficile.


Dans l’outback, Ricky Megee a fini par être retrouvé. Pour tous ceux qui s’aventurent dans la nature, son histoire rappelle une règle essentielle : le meilleur moyen de survivre à une situation extrême reste encore de ne pas la laisser commencer.

Préparer son itinéraire, emporter des réserves suffisantes, prévenir ses proches et disposer d’un moyen de communication adapté à l’isolement ne garantit pas de rentrer indemne. Mais cela peut faire toute la différence entre une difficulté passagère et une lutte désespérée pour rester en vie.

Ricky Megee 45kg
Ricky Megee 45kg

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