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133 jours seul sur l’océan : l’incroyable survie de Poon Lim

Photo du rédacteur: Alexplorer
Alexplorer
7 oct.
11 min de lecture

Poon Lim et son radeau
Poon Lim et son radeau

Peut-on survivre 133 jours seul sur un radeau de quelques mètres carrés, au milieu de l’Atlantique, sans moteur, sans radio et sans savoir quand viendra le prochain secours ?

La réponse est oui.

Mais l’histoire de Poon Lim est surtout intéressante pour une autre raison.

Elle montre que, dans une véritable situation de survie, le courage ne suffit pas.

Il faut observer. Économiser. Improviser. Accepter la réalité. Renoncer à certaines habitudes. Trouver une solution avec ce que l’on a sous la main.

Et surtout : ne jamais considérer qu’un problème est impossible simplement parce qu’on ne possède pas l’outil prévu pour le résoudre.

En novembre 1942, Poon Lim est un jeune marin chinois travaillant comme steward à bord du Benlomond, un cargo britannique qui traverse l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quelques minutes plus tard, son navire va disparaître.

Et Poon Lim va se retrouver seul.

Très seul.


Le 23 novembre 1942 : tout disparaît en quelques minutes

Le Benlomond navigue dans l’Atlantique Sud lorsqu’il est intercepté par le sous-marin allemand U-172.

Deux torpilles frappent le cargo.

Nous sommes le 23 novembre 1942.

Le navire sombre extrêmement rapidement. Les sources historiques rapportent qu’il disparaît en environ deux minutes. Poon Lim est projeté à la mer et se retrouve dans l’eau au milieu des débris.


dérive du radeau de Pong Lim
dérive du radeau de Pong Lim

Il vient de perdre son bateau.

Mais il n’a pas encore compris qu’il vient surtout de perdre quelque chose de beaucoup plus important : la possibilité d’attendre les secours dans un endroit relativement sûr.

Il nage pendant environ deux heures.

Deux heures.

Dans l’océan.

Avant d’apercevoir finalement un radeau de sauvetage qui a dérivé à proximité.

Il parvient à le rejoindre.

Lorsqu’il monte à bord, il vient probablement de franchir la première étape de sa survie.

Mais certainement pas la dernière.

Car ce radeau n’est pas un bateau.

Il ne possède pas de moteur.

Il ne permet pas réellement de choisir sa direction.

Il n’offre aucune garantie de secours.

Il flotte.

C’est tout.

Et Poon Lim va bientôt découvrir une règle fondamentale de la survie :

être vivant n’est pas la même chose qu’être sauvé.


Le radeau : une prison flottante

Le radeau mesure environ huit pieds de côté, soit approximativement 2,4 mètres.

Il dispose heureusement de quelques provisions : de l’eau potable, des biscuits, du chocolat, du sucre et différentes fournitures de secours.

Il possède également des fusées de signalisation, une lampe et du matériel qui va se révéler précieux.

À première vue, Poon Lim a de la chance.

Mais il possède surtout une quantité limitée de ressources.

Les réserves ne sont pas destinées à permettre à un homme de traverser l’Atlantique.

Elles sont destinées à lui permettre de tenir jusqu’à l’arrivée des secours.

La nuance est fondamentale.

Les rations permettent de patienter.

Elles ne permettent pas de vivre indéfiniment.

Et personne ne sait quand le prochain navire passera.

Poon Lim doit donc rapidement comprendre que sa survie ne dépendra pas uniquement de ce qu’il possède.

Elle dépendra de sa capacité à transformer son environnement en ressources.

C’est là que son histoire devient particulièrement intéressante pour quiconque s’intéresse à la survie.


Première leçon : faire l’inventaire

Dans une situation de survie, la première réaction est souvent émotionnelle.

Panique.

Peur.

Colère.

Découragement.

Poon Lim se trouve pourtant devant un problème très concret.

Il doit savoir ce qu’il possède.

Chaque objet doit donc être considéré non pas pour sa fonction initiale, mais pour toutes les fonctions qu’il pourrait avoir.

Une lampe de poche n’est plus seulement une lampe.

Une corde n’est plus seulement une corde.

Une toile n’est plus seulement une toile.

Une boîte métallique n’est plus seulement une boîte.

C’est probablement l’une des premières différences entre quelqu’un qui subit une situation et quelqu’un qui commence à la résoudre.

En survie, la question n’est pas :

« À quoi sert cet objet ? »

La bonne question est :

« À quoi pourrait-il me servir ? »

Poon Lim va appliquer cette logique pendant des mois.


Le problème numéro un : l’eau

Au début, il dispose d’eau potable.

Mais l’eau est probablement la ressource la plus importante de son radeau.

La nourriture peut manquer pendant relativement longtemps.

La déshydratation, elle, ne laisse pas beaucoup de temps.

Il va donc devoir trouver une nouvelle source d’eau.

Et cette source se trouve au-dessus de sa tête.

La pluie.

Poon Lim transforme notamment une partie de son équipement en système de récupération d’eau.

Il utilise la toile de son équipement pour recueillir l’eau de pluie.

Ce n’est pas spectaculaire.

Il n’y a aucun geste héroïque.

Pas de combat.

Pas de cascade.

Simplement une observation :

l’eau douce tombe du ciel.

Et lorsqu’on est seul sur un radeau au milieu de l’océan, savoir la récupérer peut faire la différence entre vivre et mourir.

C’est exactement le genre de détail que l’on oublie lorsque l’on imagine la survie comme une succession d’exploits.

La survie est souvent beaucoup plus prosaïque.

Boire.

Dormir.

Se protéger.

Manger.

Récupérer de l’eau.

Recommencer.

Encore.

Et encore.

Pendant 133 jours.


Deuxième problème : manger quand les réserves sont terminées

Le stock alimentaire finit par diminuer.

Poon Lim pourrait alors considérer que son histoire est terminée.

Il ne le fait pas.

Il pêche.

Mais il n’a évidemment pas de matériel de pêche moderne.

Alors il fabrique ce dont il a besoin.

Il récupère des éléments métalliques, notamment un ressort provenant de sa lampe, et les transforme pour fabriquer un hameçon.

Il utilise également de la corde pour confectionner une ligne.

Puis il trouve un appât.

Il commence à pêcher.

La démarche paraît simple lorsque l’on raconte l’histoire après coup.

Elle ne l’est absolument pas.

Il faut imaginer la situation.

Un homme seul.

Sur une plateforme de bois.

Avec un équipement rudimentaire.

Au milieu de l’Atlantique.

Et chaque tentative infructueuse signifie simplement :

encore une journée sans nourriture suffisante.

Mais Poon Lim apprend.

Il améliore son système.

Il adapte les appâts.

Il utilise les petits poissons pour tenter d’en attraper de plus gros.

Il ne cherche pas à reproduire parfaitement une technique de pêche.

Il cherche à obtenir des calories.

C’est une distinction importante.


Transformer les déchets en outils

L’une des choses les plus fascinantes dans cette histoire est la manière dont Poon Lim détourne progressivement son matériel.

Il transforme des éléments qui n’ont plus leur utilité initiale.

Un ressort devient un hameçon.

Une corde devient une ligne.

Une toile devient un récupérateur d’eau.

Une boîte métallique peut être transformée en outil tranchant.

Dans une situation normale, nous sommes entourés d’objets dont nous ne voyons qu’une seule fonction.

En survie, cette logique disparaît.

Une boîte peut devenir une gamelle.

Un vêtement peut devenir une corde.

Un lacet peut devenir un lien.

Une bouteille peut devenir un récipient.

Un morceau de métal peut devenir un crochet.

Un sac peut devenir un moyen de transport.

Une toile peut devenir un abri.

La créativité devient un équipement.

Et cet équipement ne pèse rien.


Puis viennent les oiseaux

La pêche ne suffit pas toujours.

Poon Lim capture également des oiseaux marins qui se posent sur ou près du radeau.

Là encore, il doit résoudre plusieurs problèmes.

Capturer l’animal.

Le tuer.

Le préparer.

Conserver ce qui peut l’être.

Éviter de gaspiller.

Dans certaines circonstances, il sale et fait sécher la viande afin de la conserver.

C’est une nouvelle étape dans son adaptation.

Au début, il consomme les ressources déjà présentes sur le radeau.

Puis il exploite les ressources renouvelables de son environnement.

C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de toute son histoire.

Une situation de survie ne se résume pas à posséder suffisamment de matériel.

Elle consiste à savoir passer d’un système de ressources à un autre.

Les réserves du radeau sont épuisables.

La pluie revient.

Les poissons reviennent.

Les oiseaux passent.

L’environnement devient progressivement son garde-manger.


Mais le véritable ennemi n’est pas la faim

Lorsque nous racontons une histoire de survie, nous avons tendance à nous focaliser sur la faim.

Pourtant, sur un radeau au milieu de l’océan, un autre problème est probablement encore plus dangereux :

le temps.

Un jour passe.

Puis deux.

Puis dix.

Puis trente.

Puis cinquante.

Puis cent.

Le cerveau humain est plutôt doué pour supporter une situation difficile lorsqu’elle possède une échéance.

« Tiens encore trois jours. »

« Tiens jusqu’à demain. »

« Tiens jusqu’à ce soir. »

Mais comment tenir lorsqu’on ne sait pas si l’épreuve durera encore trois jours…

…ou trois mois ?

C’est là que la dimension mentale de la survie apparaît.

Poon Lim n’a pas seulement besoin de nourriture.

Il doit préserver son envie de vivre.

Il doit occuper son esprit.

Il doit continuer à agir.

Car l’inaction est extrêmement dangereuse dans une situation prolongée.

Lorsque l’on ne peut pas contrôler la météo, les courants ou le passage des navires, il reste une chose que l’on peut contrôler :

ce que l’on fait aujourd’hui.


Le piège de l’espoir

Il existe un moment particulièrement cruel dans certaines situations de survie.

Celui où l’on croit que l’on va être sauvé.

Poon Lim aperçoit des navires.

Il utilise ses moyens de signalisation.

Mais les secours ne viennent pas.

Imaginez ce moment.

Vous êtes seul depuis des semaines.

Vous apercevez enfin un navire.

Vous faites tout ce que vous pouvez pour attirer son attention.

Et le navire disparaît à l’horizon.

Silence.

Rien.

Le radeau continue à dériver.

Cette expérience peut détruire psychologiquement un survivant.

Elle peut provoquer découragement, colère, sentiment d’abandon.

Mais elle peut également conduire à une conclusion beaucoup plus utile :

ne jamais considérer un secours potentiel comme un secours réel.

Tant que les pieds ne sont pas sur la terre ferme, la situation de survie continue.

C’est une règle extrêmement importante.

Un hélicoptère aperçu au loin n’est pas un sauvetage.

Un bateau qui passe n’est pas un sauvetage.

Un téléphone qui sonne n’est pas un sauvetage.

Un itinéraire sur une carte n’est pas un sauvetage.

Le sauvetage existe lorsque la menace est réellement terminée.

Avant cela, il faut continuer à survivre.


Le corps finit par payer

Cent trente-trois jours sur un radeau ne peuvent pas être sans conséquences.

Poon Lim perd du poids.

Il s’affaiblit.

Son organisme fonctionne avec des ressources limitées.

Mais il a quelque chose d’essentiel :

une activité régulière.

Il doit pêcher.

Installer ses systèmes.

Récupérer de l’eau.

Préparer sa nourriture.

Entretenir son matériel.

Surveiller son environnement.

La survie n’est donc pas seulement une question de nourriture.

C’est aussi une question de mouvement.

Un survivant qui cesse totalement d’agir risque de s’affaiblir physiquement et mentalement.

L’objectif n’est pas de faire du sport.

L’objectif est de conserver suffisamment de capacités physiques pour continuer à résoudre les problèmes qui se présentent.


133 jours

Le temps devient presque abstrait.

Novembre.

Décembre.

Janvier.

Février.

Mars.

Puis avril.

Poon Lim est toujours là.

Son histoire a commencé avec le naufrage du Benlomond.

Elle aurait pu s’arrêter quelques heures plus tard.

Elle aurait pu s’arrêter lorsqu’il a manqué de nourriture.

Elle aurait pu s’arrêter lorsqu’un navire n’a pas répondu à ses signaux.

Elle aurait pu s’arrêter pendant une tempête.

Elle aurait pu s’arrêter simplement parce que son corps ou son esprit avaient décidé d’abandonner.

Mais elle continue.

Jour après jour.


Le 5 avril 1943

Après 133 jours à la dérive, Poon Lim approche finalement des côtes brésiliennes.

Trois pêcheurs brésiliens aperçoivent son radeau.

Ils viennent à son secours.

Nous sommes le 5 avril 1943.

Plus de quatre mois se sont écoulés depuis le naufrage.

Poon Lim est extrêmement affaibli.

Il a survécu seul à ce qui est considéré comme la plus longue dérive solitaire enregistrée sur un radeau : 133 jours. (Guinness World Records)

Il vient de transformer un petit radeau de survie en véritable système autonome.

Et surtout, il est vivant.

Il n’est pourtant pas arrivé là uniquement grâce à la chance.

La chance lui a permis de trouver un radeau.

Mais la chance ne lui a pas fabriqué ses hameçons.

La chance ne lui a pas permis de récupérer l’eau de pluie.

La chance ne lui a pas appris à conserver sa nourriture.

La chance ne l’a pas forcé à continuer chaque matin.


Ce que Poon Lim nous apprend réellement sur la survie

Pour moi, c’est là que son histoire devient beaucoup plus intéressante qu’un simple récit extraordinaire.

Parce qu’elle pose une question essentielle :

qu’est-ce qu’un bon survivant ?

Est-ce celui qui connaît cinquante techniques ?

Celui qui possède le meilleur couteau ?

Celui qui sait allumer un feu par friction ?

Celui qui connaît toutes les plantes comestibles ?

Pas nécessairement.

La première qualité d’un survivant est probablement sa capacité à analyser correctement la situation.

Poon Lim ne pouvait pas contrôler l’océan.

Il ne pouvait pas arrêter le vent.

Il ne pouvait pas faire apparaître un bateau.

Il ne pouvait pas décider de la date de son sauvetage.

Il pouvait en revanche contrôler quelques éléments :

son eau.

sa nourriture.

son matériel.

son énergie.

son comportement.

son inventivité.

Et c’est précisément sur ces éléments qu’il a concentré ses efforts.


1. Il accepte la situation

Cela paraît évident.

Ça ne l’est pas.

Dans une situation brutale, nous avons souvent tendance à perdre du temps à souhaiter que la réalité soit différente.

« Ce n’est pas possible. »

« Quelqu’un va venir. »

« Je vais forcément être retrouvé. »

« Cela ne peut pas durer. »

Mais l’environnement ne négocie pas.

Poon Lim finit par accepter une réalité terrible :

personne ne sait où il est.

À partir de là, il agit.

Accepter une situation ne signifie pas l’approuver.

Cela signifie arrêter de gaspiller de l’énergie à lutter mentalement contre un fait que l’on ne peut pas modifier.


2. Il économise

L’eau.

La nourriture.

L’énergie.

Le matériel.

Tout est compté.

C’est une règle fondamentale de la survie :

une ressource disponible aujourd’hui ne doit pas forcément être consommée aujourd’hui.

Il faut toujours penser au lendemain.

Et au surlendemain.

La véritable autonomie commence lorsque l’on ne raisonne plus seulement en heures, mais en durée.


3. Il transforme son environnement en ressources

C’est probablement la plus grande leçon de son aventure.

L’environnement n’est pas seulement une menace.

Il est aussi une source de solutions.

La mer est dangereuse.

Mais elle contient des poissons.

Le ciel peut être une menace.

Mais il apporte de l’eau sous forme de pluie.

Les oiseaux sont un problème potentiel.

Mais ils peuvent aussi devenir une source de nourriture.

Les objets du radeau sont limités.

Mais leurs composants peuvent être transformés.

La survie commence réellement lorsque l’on cesse de regarder les choses uniquement pour ce qu’elles sont.


4. Il reste dans l’action

Un jour ressemble au précédent.

C’est probablement terriblement difficile psychologiquement.

Mais Poon Lim continue.

Et c’est peut-être l’une des raisons essentielles de sa survie.

Il a des tâches.

Pêcher.

Récupérer l’eau.

Préparer la nourriture.

Entretenir son équipement.

Observer.

Attendre.

Recommencer.

La routine devient une structure mentale.

Et dans une situation où tout est devenu incertain, la routine permet de reconstruire un semblant de contrôle.


5. Il ne cherche pas à être héroïque

C’est peut-être la leçon que j’aime le plus.

Poon Lim n’accomplit pas un exploit spectaculaire tous les jours.

Il ne fait pas quelque chose d’extraordinaire.

Il fait quelque chose de beaucoup plus difficile :

il fait ce qu’il faut, encore et encore.

La survie est rarement spectaculaire.

Elle est souvent répétitive.

Elle est parfois sale.

Elle est inconfortable.

Elle est fatigante.

Elle demande de recommencer une tâche qui n’a rien de passionnant.

Et c’est justement pour cela que les histoires de survie sont si intéressantes.

Elles révèlent ce que nous sommes lorsque toutes les distractions ont disparu.


Une dernière question

Lorsque Poon Lim est finalement retrouvé, il ne revient pas d’une expédition volontaire.

Il n’avait pas choisi cette aventure.

Il n’avait pas choisi le lieu.

Il n’avait pas choisi la durée.

Il n’avait pas choisi son équipement.

Il avait simplement été placé dans une situation où la marge d’erreur était devenue extrêmement faible.

Et pourtant, avec quelques objets, un radeau, son expérience de marin et surtout sa capacité d’adaptation, il parvient à rester vivant pendant 133 jours.

Son histoire nous rappelle quelque chose d’essentiel.

On imagine souvent la survie comme la capacité à faire des choses extraordinaires.

Allumer un feu dans des conditions impossibles.

Construire un abri spectaculaire.

Traverser une jungle.

Capturer un animal.

Trouver son chemin dans un environnement hostile.

Mais la survie commence bien avant tout cela.

Elle commence dans la tête.

Observer.

Analyser.

Prioriser.

Économiser.

Improviser.

S’adapter.

Puis recommencer.

Encore.

Et encore.

Pendant une heure.

Pendant une journée.

Pendant une semaine.

Et, dans le cas de Poon Lim…

pendant 133 jours.


La vraie leçon de Poon Lim

Si je devais résumer son aventure en une seule phrase, ce serait celle-ci :

> En survie, on ne survit pas parce qu’on possède tout ce qu’il faut. On survit parce qu’on apprend à faire avec ce que l’on a.

Poon Lim n’avait pas assez de nourriture.

Il a pêché.

Il n’avait pas assez d’eau.

Il a récupéré la pluie.

Il n’avait pas de matériel de pêche.

Il en a fabriqué.

Il n’avait pas de certitude quant à son sauvetage.

Il a continué.

Et c’est peut-être cela, finalement, la définition la plus simple de la survie :

continuer à chercher une solution alors même que la situation semble ne plus en offrir.

Le 5 avril 1943, trois pêcheurs brésiliens mettent fin à son calvaire.

Mais son histoire, elle, continue.

Parce que près d’un siècle plus tard, elle pose toujours la même question à chacun d’entre nous : si demain tout ce que nous pensions indispensable disparaissait, saurions-nous encore nous débrouiller avec ce qui reste ?


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