Perdu 14 jours dans l'enfer vert de Bornéo : La surprenante histoire d'Andrew Gaskell


À l’été 2016, Andrew Gaskell, un ingénieur australien de 26 ans originaire de Tasmanie, traverse une période de transition. Après la fermeture soudaine du cabinet d'ingénierie où il travaille dans le Queensland, il refuse d'enchaîner directement sur un autre emploi. Il ressent le besoin viscéral de s'évader, de réfléchir à son avenir et de faire le point sur sa vie. Il s'envole alors pour la partie malaisienne de l'île de Bornéo, dans l'État de Sarawak.
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Ce qui devait être une quête spirituelle et itinérante à travers le parc national du Gunung Mulu va pourtant basculer en un terrible cauchemar de survie de deux semaines.
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L’erreur initiale : Passer outre les règles de la jungle
Le parc national du Gunung Mulu est célèbre pour ses cavernes gigantesques et sa jungle primaire dense et accidentée. Pour s’aventurer sur le mont Mulu, le règlement du parc exige la présence obligatoire d'un guide agréé et une inscription préalable.
The New Daily
Pensant pouvoir compter sur ses compétences de randonneur et désireux de vivre une aventure en toute autonomie, Andrew décide de contourner le point de contrôle et de s'engager seul sur le sentier.
Il atteint le sommet du mont Mulu sans encombre et y passe la nuit. C’est au moment de redescendre, le 18 octobre 2016, que le drame se noue. Alors qu’il ne lui reste que quelques kilomètres avant de boucler son parcours, il manque une bifurcation en traversant plusieurs ruisseaux. Au lieu de rebrousser chemin ou d'attendre le jour, il continue de marcher dans la nuit pour retrouver la trace. Une erreur fatale : il s’enfonce profondément dans l'une des zones les plus reculées et inaccessibles du parc, appelée la « Vallée Cachée ».
14 jours de faim, d'infections et d'hallucinations
Sans carte précise, sans GPS et sans moyen de communication, Andrew comprend dès le troisième jour qu'il est désespérément perdu.
Pendant deux semaines, son quotidien se résume à une lutte de chaque instant :
La faim dévorante : N'ayant pris de la nourriture que pour deux jours, il est contraint d'ingérer de petits fruits sauvages amers et des fougères locales (paku pakis) qu'il sait comestibles.
L'eau et les infections : Pour éviter la déshydratation sous la chaleur moite de la jungle, il boit l'eau des rivières.Mais à force de patauger dans les ruisseaux rocheux, le frottement de ses chaussures lui arrache la peau des pieds.La chair à vif s'infecte rapidement sous le climat tropical, rendant chaque pas extrêmement douloureux.
L'épuisement mental : Dans un témoignage livré au média VICE, il racontera comment le manque de nourriture et la fatigue l'ont mené au bord de la folie. Un jour, pris d'une hallucination, il croit apercevoir une passerelle en bois et entendre des touristes parler anglais. Il s'élance, hurle à l'aide, avant de réaliser avec horreur qu'il ne s'agit que d'un arbre couché et du bruit du vent.
Le miracle du 1er novembre
Pendant ce temps, l'alerte est donnée et une vaste opération de recherche (SAR) est déployée par les autorités malaisiennes, mobilisant pompiers, policiers et guides locaux.
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Le 1er novembre 2016, après cinq heures de fouilles intensives dans une zone accidentée de la Vallée Cachée, l'équipe de secours aperçoit une silhouette extrêmement affaiblie. C'est Andrew. Il a perdu plus de 20 kilos et ne peut pratiquement plus se tenir debout, mais il est vivant !
Évacué en hélicoptère vers l'hôpital de Miri, il reçoit des soins d'urgence pour traiter sa dénutrition sévère et ses infections aux pieds.
Nst
Les leçons d'un survivant
Dès sa sortie d'affaire, Andrew Gaskell a fait preuve d'une grande humilité. Il a publiquement présenté ses excuses aux autorités malaisiennes et aux secouristes pour avoir enfreint les règles du parc et pris des risques inconsidérés.
Son aventure est devenue un cas d'école dans le monde du bushcraft et de la randonnée : la jungle ne pardonne pas l'excès de confiance.
Que retenir de cette histoire ?
Ne négligez jamais la réglementation locale : Les guides ne sont pas seulement là pour raconter des anecdotes, ils connaissent le terrain et les pièges de la forêt.
Le matériel de sécurité n'est pas une option : Un simple GPS portable ou une balise de détresse aurait permis de le localiser en quelques heures.
Le mental fait la différence : Malgré l'affaiblissement extrême, Andrew n'a jamais cédé à la panique totale, ce qui lui a permis de tenir jusqu'à l'arrivée des secours.
A
vez-vous déjà vécu une situation où vous avez sous-estimé la puissance de la nature lors d'une randonnée ? Racontez-nous votre expérience en commentaire !








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